Deni de grossesse

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chloemax
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- 12 mai 2008 à 17:50
 K - 6 nov. 2017 à 19:27
Bonjour,
peux ton faire un deni de grossesse quand on veux absolument un bebe?
je me pose la question
et si les test serai negatif en cas de deni de grossesse
merci

6 réponses

ARTICLE PARU DANS LE « QUOTIDIEN DU MEDECIN » DU 22 janvier 2010


DÉNI DE GROSSESSE OU DÉNI DE PHYSIOLOGIE ?

les signes physiques et cliniques de la grossesse sont inconstants : un ventre peut rester longtemps plat ( utérus rétroversé ) , les saignements peuvent simuler les règles de même que ne sont pas toujours présents les signes dits sympathiques ( nausées, tension mammaire, … ) . Pendant longtemps, les femmes qui découvraient tardivement leur grossesse furent dénoncées comme des dissimulatrices, sans que jamais la possibilité d’une physiologie muette ne fut avancée en leur faveur .
Aujourd’hui, les accusations de dissimulation de grossesse ne sont plus en vogue . De nouveaux concepteurs lui ont substitué le déni de grossesse . Postuler un trouble psychologique ( le déni ) plutôt qu’une faute morale ( la dissimulation ) peut apparaître comme un progrès . Sauf qu’il est parfois plus facile de se défendre d’une accusation que de contester un diagnostic . Au délit d’intention, on a substitué le déni inconscient . Il suffit aujourd’hui d’énoncer « scientifiquement » un diagnostic de déni de grossesse, d’ajoutez sentencieusement qu’il s’agit d’un « mécanisme de défense inconscient » qui vous fait « méconnaître la réalité » et par ce tour de passe-passe, par cette référence à Freud qui tient lieu d’argumentaire, le déni de grossesse et l’inconscient deviennent l’alpha et l’oméga des grossesses non perçues ou dissimulées, des fausses couches, des enfants morts nés, des infanticides et même … de la rétroversion de l’utérus. Ainsi, un médecin peut déclarer dans le Monde* que « l’utérus de la femme (sic) - qui bascule normalement vers l’avant lors d’une grossesse - monte , dans les cas de déni, vers le haut le long de la colonne vertébrale ou dans les régions abdominales ». Et de conclure sans rire à « la toute puissance de l’inconscient ». Pas le quart d’une interrogation sur la possibilité que ce soit plutôt la bascule de l’utérus vers le haut - le ventre reste alors plat - qui explique la non perception de la grossesse. J’attends avec impatience la confirmation par le déni de grossesse - ce nouveau concept heuristique - de la théorie du Big Bang et des thèses de Darwin.
D’autres enfin veulent élever le déni de grossesse au rang d’un diagnostic psychiatrique. Ainsi, sur le site de l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse** , s’exprime le souhait de voir reconnaître le déni de grossesse « comme une maladie au même titre que toutes les autres connues en psychiatrie » et le regret que ce diagnostic ne soit pas cité dans les classifications psychiatriques internationales ( notamment dans le DSM ) . A la faveur de quelques déclarations médiatiques ou de procès retentissants, le diagnostic de déni de grossesse a été asséné comme un grand progrès de la psychologie et de la médecine, unies pour la défense des mères. Était-il nécessaire pour quelques hypothétiques exceptions , de nous infliger pareille tautologie ?

Dr Gabriel Wahl, psychiatre

* Passagers clandestins in utéro , le Monde du 17 novembre 2009
** www.afrdg.info
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Merci beaucoup pour tout ces éclaircissements
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