Au bord du précipice

Nat - Modifié le 12 mai 2022 à 19:11
Andy31200
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- 13 mai 2022 à 07:58
Bonjour à tous,

Je ne sais trop ce que j’attends de cette démarche et je risque de me perdre un peu alors j’espère que vous ne m’en tiendrez pas trop rigueur… Dans tous les cas, merci pour votre lecture et éventuels conseils et réponse.

Cela fait +/- 1h que je lis des articles sur les idées suicidaires, sur les idées préconçues de cet acte,… j’ai lu qu’une personne ayant des envies suicidaires ne voulait pas forcément en finir mais que le suicide serait une façon d’abréger les souffrances et puis, je suis tombée sur un topic ici et me voilà sans trop savoir où je vais.

J’ai peur d’entrer dans la plainte, ce n’est pas mon but. Je crois que je cherche désespérément de l’aide que je suis incapable d’aller chercher de manière non anonyme.

J’ai 34 ans, j’ai mis ma vie entre parenthèses depuis que j’ai rencontré mon compagnon il y a 3 ans. Il vit en Inde et se retrouver relève du parcours du combattant. Suite aux difficultés rencontrées pour se revoir quand le covid est arrivé dans nos vies à tous, nous avons décidé de nous marier. Sa demande de visa vient tout juste d’être refusée pour des raisons, selon mon avocats, hautement critiquables. Au-delà de ça, je suis rentrée d’Inde il y a 2 ans suite à un accident qui a littéralement foutu ma vie en l’air. Enfin, ce n’est pas l’accident mais le (non)suivi médical. J’ai d’ailleurs entamé une procédure contre le médecin en question. C’est bête, mais je boite depuis 2 ans. Je me suis sectionné le tendon d’Achille et j’ai contracté un staphylocoque. Le médecin m’a vu 4x mais n’a pas voulu faire d’examen, prétextant que tout allait bien malgré mes plaintes. Résultat, l’infection s’est installée et a fait quelques dégâts.
Il y a 3 ans, avant de partir en Inde, j’ai également déposé plainte contre mon père pour des choses qu’il a faites quand j’étais petite. Mes frères n’y ont jamais cru et je peux voir dans leur regard tout le dégoût qu’ils ont à mon égard.
N’ayant compris ce qu’a fait mon père sur le tard, j’ai plutôt, dans un premier temps, souffert de son abandon. Ce qu’il m’a fait me hante et me perturbe seulement depuis quelques années.
N’ayant jamais vraiment eu de figure paternelle, je ressens atrocement aujourd’hui le manque de cette figure, le manque de stabilité émotionnelle, je ressens la peur à chacune de mes décisions, à chaque obstacle qui s’impose, je ressens moi-même un dégoût profond pour ma personne et puis, forcément, mon couple et mes relations en pâtissent énormément.

Il est 18h07 et je n’ai plus qu’une envie, c’est d’en finir… mais ça me fait tellement peur. Pourquoi ? Je ne comprends pas ce qui m’arrête à chaque fois, j’ai pourtant de plus en plus de mal à voir le bout du tunnel, à voir la possibilité d’être normale un jour car ce mal me poursuit depuis tant d’années. La première fois que j’ai tenté de mettre fin à mes jours, j’avais 12 ans (avec du Dafalgan cela dit (l’équivalent du doliprane en France), je ne pouvais pas aller bien loin. ^^) et j’ai bien des fois réessayé de différentes manières mais je me rate systématiquement. Mes proches me voient comme une folle qui a juste envie d’attirer l’attention, de se faire remarquer, j’ai bien souvent entendu « sale comédienne » et vous n’avez pas idée à quel point ça m’atteint et me blesse.
Je crois que, dans le fond, j’ai juste besoin d’être comprise et soutenue, 2 mots qui me semblent hors de portée.

Je suis déjà partie de nombreuses fois. Aujourd’hui, je suis revenue chez ma maman et je suis sans emploi depuis janvier. Je me vois comme un déchet et je le vois également dans le regard de mon entourage, ou de ce qu’il en reste car j’ai une peur extrême de voir du monde, de sortir de chez moi, je n’en sors que pour mon traitement médical. Je me suis fortement isolée et j’en ressens de plus en plus les effets.

Parfois, j’ai juste l’impression que c’est ma seule issue, mon unique échappatoire. Depuis des années, je vis dans la persuasion que je m’éteindrais jeune et de cette manière parce que les obstacles sont de plus en plus imposants, parce que je ne parviens pas à m’en sortir. J’ai l’impression d'être si faible mentalement, de n’être qu’une incapable, une me*de inutile et sans nom.

Voilà… je ne sais trop que dire de plus. Dans tous les cas, je suis vraiment désolée si mon message vous paraît plaintif, si je vous semble être quelqu’un d’égocentrique. C’est peut-être vrai. J’entends souvent que se concentrer sur soi-même n’est pas toujours bénéfique, dans le sens où l’on ne voit rien d’autre que ses propres problèmes et qu’il est évident que l’on finisse par se noyer dedans.

Belle soirée à tous et merci de m’avoir lue jusqu’au bout.

3 réponses

Andy31200
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Mais de rien et oui je comprend mais il faut persévérer car je connais plein de patients(es) qui se sont sortis de ces dépressions récurrentes mais il faut un suivi au long cours et avec la même personne ou équipe
Si tu es demandeuse de soin, partie prenante dans celui ci, dans l'alliance thérapeutique et en confiance, et aussi, si tu as vraiment envie d'avancer et d'aller mieux, cela sera efficace mais il faut savoir que les soins type psychothérapie peuvent mettre beaucoup de temps avant d'améliorer les symptômes, persévérance donc et .patience..;)

"C’est aussi pour ça que je parle de faiblesse mentale "
Pas du tout, il s'agit plutôt d'aboulie, de perte de l'élan vital
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Andy31200
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Modifié le 12 mai 2022 à 19:15
Bonsoir,
Tu n'es absolument pas "une folle qui a juste envie d’attirer l’attention" et encore moins une « sale comédienne »
Tu vis actuellement des moments très difficile et je comprend que tu en ai marre de la vie et que tu pense au suicide, je ne te critique pas et ne te juge pas.
Mais je vais ajouter tu en a marre de la vie que tu mène, là , actuellement mais pas de la vie en général et ta souffrance t' empêche de réaliser que ta vie future peut t' amener plein de moments de bonheur, ( pas maintenant bien sur, dans quelques temps ) cette souffrance te fait aussi penser que rien ni personne ne peut t' aider, ce n'est pas de ta faute mais tu te trompes, tu peux passer ce cap, mais il est impératif de te faire aider, car de plus, tu semble développer un authentique état dépressif et une dépression, ça se soigne et se guérit qu'en pense tu ?

J'appelle un chat un chat *
     *en Français dans le texte
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Bonsoir Andy,

Tout d’abord, merci du fond du coeur d’avoir pris le temps de me lire et de me répondre. Je suis très touchée par votre réponse, je pense avoir besoin de lire ces quelques mots.

Effectivement, je suis d’accord avec vous et j’en ai également conscience. Je sens que je suis effectivement dans une phase dépressive… mais c’est aussi ça qui m’effraie… ces phases dépressives, je ne les connais que trop bien. C’est aussi pour ça que je parle de faiblesse mentale car j’ai aussi fait appel à des spécialistes (et j’ai vu de tout), mais ces épisodes s’accumulent toujours et m’affaiblissent davantage à chaque fois.
J’ai rencontré LA personne il y a quelques années, malheureusement cela ne peut être que provisoire. Il s’agit d’une équipe mobile qui se déplace à domicile en temps de crise. J’ai plusieurs fois fait appel à eux, ils ont les mots, me donnent l’impression d’évoluer, et ça a parfois été le cas, enfin, c’est mon impression. Mais une personne dépressive, je veux dire, une personne qui vit des périodes de dépression sévère multiples, pensez-vous vraiment qu’elle soit capable de s’en sortir ? C’est ma plus grande crainte… j’ai 34 ans, mes épisodes dépressifs se multiplient et ne se ressemblent pas mais m’amenuise de plus en plus. Je me dis simplement que je ne me sens pas capable de vivre mon futur dans cette souffrance, et d’y entraîner les personnes qui osent m’aimer. Vous comprenez ?
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