Lettre au maire d'Autun

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Dr Paul Lemeut
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- 26 nov. 2010 à 15:28
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- 26 nov. 2010 à 20:48
"Mais très vite, aussi, est apparu le clivage devenu traditionnel entre tenants de l'incitation et tenants de la coercition - les derniers étant plus applaudis ... « Ce sont nos impôts qui paient les études de médecine, il s'agit d'un investissement pour le pays », a dit Rémy Rebeyrotte, maire d'Autun (71)." ( https://www.lagazettedescommunes.com/49620/demographie-medicale-le-desarroi-des-maires/ )

Cette phrase m'a semblé très étonnante. En effet, les impôts payent les études de quasiment tous les étudiants et on leur demande rarement un retour sur investissement sauf quand ces études sont rémunérées. Certes les internes sont rémunérés mais il le sont après 6 années d'études (plutôt 7 vu le taux d'échec en PCEM1) et chacun sait qu'ils font en grande partie tourner les hôpitaux.

Il me semblait que pour tous ces étudiants, le retour vers l'état était leurs impots qui permettent de financer les études des générations suivantes.

Pour le reste, la coercition a ses limites dans un champ professionnel déjà marqué par une forte désaffection et où les professionnels sont suffisamment polyvalents pour trouver d'autres activités.

Il me semble que cette position est le type même de la fausse bonne idée.

Je vous en parle en connaissance de cause puisque je viens de quitter il y a neuf mois la médecine générale après 22 ans de carrière.

Je suis par ailleurs maître de conférence à la faculté de médecine de Rennes. Je vois donc bien les problématique des internes et j'ai d'ailleurs dirigé des thèses dans ce domaine.

Enfin, j'occupe une partie de mon temps libéré (passage de 55 à 35 heures avec des revenus équivalents) à gérer un dossier sur la reconversion des généralistes. dossier reconversion mg

Je suis bien sûr prêt à toute échange dans ce domaine. La perte d'atractivité des zones rurales et non rurales existe. Elle semble surtout le fait de la perte d'attractivité de la médecine générale.

Avec mes sentiments les meilleurs

Dr Paul Le Meut.

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fanfouedelamotte
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26 nov. 2010 à 18:50
Nous avons déja échangé des idées sur ce thème dans une autre discussion de ce forum ( le médecin de campagne du futur ).
Apparemment les politiques se sont emparés d' un problème qu ' on voyait venir depuis longtemps ( sauf les politiques, ça va de soit ). Evidemment , ils proposent des solutions à leur image: peu d' imagination; probablement qu' on va créer une commission; on manie la carotte et le bâton.
La dernière "solution" est proposée par notre consoeure (?) Elisabeth Hubert. Elle propose une augmentation des revenus des généralistes, dans leur ensemble, en créant plusieures sortes de consultations selon leur difficulté, leur durée, leur enjeu...Il y aurait aussi un forfait pour les cas très compliqués, nécessitant le concours de plusieurs spécialistes. Or le problème des désert médicaux n' est pas un problème de revenus ( encore que le généraliste de campagne ne soit pas rétribué à la mesure de sa formation, de ses horaires et de sa responsabilité ). Par cette mesure, on augmente les revenus de tous les généralistes;il n' y aura pas plus d' attractivité pour l' exercice à la campagne, or c' est un problème de répartition des généralistes entre ville est campagne d' une part et entre exercice salarié et libéral.
Avant de proposer des mesures "en plus ", si prenait des mesures "en moins":
- moins de paperasse et de tracasserie administratives.
- arrêt du transfert vers les médecins des tâches de la CPAM.
- modification de la loi: comment peut-on condamner en vertu de la " responsabilité sans faute ". a comparer au " responsable mais pas coupable " de l' affaire du sang contaminé.
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Dr Paul Lemeut
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Modifié par Dr Paul Lemeut le 26/11/2010 à 20:13
En effet, toute les études le montrent, le problème n'est pas celui du revenu. Ceci explique que les jeunes médecins préfèrent le remplacement avec un revenus à 60% de celui de l'installé mais avec 60% de temps de travail. Moins de contraintes, moins de pressions, moins de paperasse, les discours sont clairs.
On n'est pas sorti d'affaire.
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26 nov. 2010 à 20:27
Il y a malgré tout aussi un problème de revenus.

On peut toujours rêver et imaginer un statut "médecin de la ruralité" avec un C + 25%...!

Qui sait, cela résoudrait peut être le problème, mais la "désertification médicale urbaine" prendrait peut être le relais ?

Comme dit juste au dessus "On n'est pas sorti d'affaire"...


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Dr Paul Lemeut
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26 nov. 2010 à 20:41
Ca été fait, puisque dans les zones dites sous-médicalisées, les honoraires étaient majorés de 20% pour les médecins travaillant en groupe. Un bide, il faut bien le dire.
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26 nov. 2010 à 20:48
J'ai bien dis C+25% !

Sachant que 20% n'avait pas attiré grand monde....

Plus sérieusement, je pense plus qu'il s'agit plus d'un problème de société que d'un problème strictement professionnel.

Un paramètre n'est pas à méconnaitre: un médecin, homme ou femme, vit le plus souvent en couple et il est rare que le conjoint soit sans emploi. Comment un médecin peut-il se résoudre à s'installer dans un bassin d'emploi sinistré (et les zones rurales en font très souvent partie) si son ou sa conjoint(e) doit pointer au chômage ?

A moins d'appartenir à la fonction publique (et encore...) ou bien être para-médical (et encore également...)
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