Lisez ça svppppppppp
BoucBavard93 Messages postés 13 Date d'inscription Statut Membre Dernière intervention -
J’aimerais mourir. Quitter ce monde. Seulement, je n’y arrive pas. J’ai vécu tellement de choses. Je reste car je ne veut pas que ma vie s’arrête à mes 13 ans. Pourtant ça me chatouille et revient souvent. Je vois tous ces gens qui se plaigne de rien, de la chaleur, de leurs humeurs ou encore de leurs longues journées. Et les autres qui parlent tranquillement de sujets horribles. Ou encore les personnes qui font des blagues sur de tels sujets. Alors oui, la vie est dure, mais si je ne suis pas partie, c’est pour montrer au monde l’importance de la résilience. C’est quelque chose que je n’avais pas au début. Ça s’acquiert. Les gens ne naissent pas avec. Mais seuls ceux qui affrontent la vie de front comprennent ce que c’est. Il y a 4 ans, tu as senti ton corps se glacer, ton souffle se couper, et ton cerveau crier à l’aide. Il y a trois ans, rebelote. Mais cette fois ce n’était pas la peur, c’était la colère. Un « non », des rires moqueurs, une fuite. Puis, une envie irrésistible de mort. Cette envie suicidaire, il est impossible d’y résister. Alors tu as pris ce couteau, et tu as tranché ta gorge. Tu te souviens encore et toujours de tes mains pleines de sang, du couteau encore à demi-planté dans ta gorge. Le fait d’avoir séché pour ça et pour faire un test de grossesse. Tu te souviens de cette pensée qui te disais « pourquoi ça n’a pas marché !? ». Malgré tout, cette idée plus forte que tout : recommencer. Mais le corps qui refuse, qui est incapable de recommencer, tant la douleur est forte. Cette odeur de sang, et ce goût de salive mélangée. Puis une fuite, silencieuse, durant la nuit. Censée ne déranger personne, mais t’aider à rester en vie. Alors tu es partie. Par la fenêtre, par la porte. Qu’importe le moyen. Juste fuir, partir le plus loin possible de cet enfer quotidien. L’air frais sur ton visage, l’odeur des pins, la douceur des chevaux. Et puis, des phares blancs, une voix criée, une cachette, puis deux et trois. S’endormir sur le bois froid. Être réveillée avec une bosse sur la tête. Essayer de rentrer. Être attrapée par ces gendarmes. Les grands mots ; l’hélicoptère, le chien pisteur…. Alors que tu voulais simplement prendre l’air.
Puis une nouvelle idée naissante : te faire du mal. Sur le moment, tu penses que c’est le seul moyen. Alors tu teste, avec une lame, un taille crayon ou un ciseau. Tu teste les différentes formes. Tu choisit celle qui te soulage le plus. Mais quand tes bras te brûlent un peu trop, ou que tu vois des larmes rouges tomber, tu sais que tu es allé trop loin. Mais tu ne peux plus rien faire. Alors tu lutte, tu essaie d’arrêter. Mais toujours cette petite voix qui se démarque des autres « continue ça te soulage ». Et puis tu vis l’horreur à l’école. Tu es considérée comme « gênante », « Baka », « intello »…. Alors tu craques, même si tu sais que tu vas te briser. Tu fouilles dans un tiroir, tu attrape cette lame, que tu gardes toujours bien cachée, et tu recommences. Tu appuie, ça goutte, mais tu n’as pas mal. Enfin si, mais seulement physiquement. Parce que mentalement ça te soulage de te faire du mal. Après, tu rabats les manches de ton haut, et tu sens le tissu frotter. Ça te fait mal, mais tu es soulagé de savoir que ta peau souffre autant que toi. L’été arrive, tu ne sais plus quoi faire. Tu dors en manches longues, tu mets des pulls, tes parents te posent des questions. « Pourquoi porter des pulls, il fait chaud ». Tu continue car tu espère que tes amies remarqueront. Tu sème des indices, mais elles semblent ne pas voir ou regarder ailleurs. Tu remarque, toi en revanche, une amie un peu seule, qui s’isole. Tu décides d’agir. Tu lui parle, et elle finit par t’avouer qu’elle ne va pas bien, qu’elle se fait du mal et qu’elle veut partir. Tu la réconforte, la conseille, lui pose des questions. Tu te rends compte alors que certaines souffrent plus que toi. Alors tu ravale ton chagrin, et te concentre sur le bonheur des autres. Puis vient les midis. Tu ne vas pas bien, tu es triste, tu n’as plus la joie de vivre. Alors tu décides de ne plus manger. Le soir, après une journée de cours, tu es seule, et tu te fait un petit mélange d’eau et de citron. Tu le bois. Tu sais quels effets cela produit. Tu t’attaches les cheveux et part aux toilettes. Tu perds 4kg en 1semaine, mais tu t’en fiche, car tu veux te voir souffrir. Tous les soirs tu reprends cette lame, tu écoute de la musique triste et tu fait des tests de dépression. Des fois, la douleur est tellement forte que tu te mords pour que ça passe. Et puis, tu es sur le point de tout laisser, d’arrêter et de poser cet objet. Mais un soir, tout s’écroule. Tu bosses tout le temps pour rattraper ton retard et passer le moins de temps possible avec ta famille. Mais ce soir là, il est déjà 20h mais tu n’as pas terminé tes révisions. Tes parents s’énervent, te crient dessus. Tu termine, mais ça t’as briser de nouveau. Le soir, tu ressort ton petit sac. Tu connais maintenant ton objet par cœur, tu sais où il est rangé et tu connais le moindre de ses reliefs. Le soir, de temps en temps, tu le nettoie car sinon ça s’infecte. Et ce soir la, tes parents viennent de te briser involontairement. Malgré tout, tu voudrais fondre en larmes mais tu n’y arrives pas. Alors tu recommences, encore et encore.
Puis voilà, à l’école rien ne va. Tes amies te rejettent, tu te sens seule. Les profs deviennent tes pires ennemis. Tu les évites. Certains cherchent à comprendre, posent des questions, mais tu fuit avant les interrogatoires. D’autres sont plus discrets. Alors tu te confies. À un. Il prends ça trop au sérieux. Tu lui montres tes cicatrices. Il prend conscience et veut te faire consulter l’infirmière puis la psychologue. En un clin d’œil, toute la salle des profs est au courant. Et pourtant, au milieu de tout ce bruit, de tous ces regards et de ces mots trop lourds, il reste quelque chose. Quelque chose de discret, presque invisible, qui refuse de disparaître.
C’est une voix plus faible que les autres, mais plus tenace. Elle ne crie pas, elle ne promet rien de grand. Elle dit simplement : “tiens encore un peu”.
Alors tu tiens. Pas pour les autres, pas pour prouver quoi que ce soit, mais parce qu’au fond, il y a encore une part de toi qui n’a pas dit son dernier mot.
Tu ne sais pas encore comment faire autrement, tu ne sais pas encore comment aller mieux, mais tu sais que partir ne racontera jamais toute ton histoire.
Alors tu restes. Fragile, fatiguée, parfois perdue, mais encore là.
Et peut-être que demain ne sera pas plus facile, mais peut-être qu’il sera un peu moins sombre.
2 réponses
Bonjour Mony.
Je t'ai lue.
Tant de souffrance, de détresse, de noirceur...
Que se passe-t'il pour en arriver là à 13 ans ?
Tu ne peux pas rester comme ça, dans cet état.
Je te mets un lien ci-dessous, réservé aux adolescents et jeunes (de 12 ans à 25 ans), où tu peux te confier et surtout te faire aider, et ce, de façon gratuite et anonyme.
https://www.filsantejeunes.com/mda
N'hésite pas à prendre contact avec l'équipe.
Et si tu le souhaites, tu peux également continuer à t'exprimer, ici.
Je te lirai et te répondrai.
Á bientôt, si tu le veux.
-Sof-