J'ai annoncer a mon pere qu'il allait mourrir

laurent - 19 août 2009 à 18:47
 laurent - 20 août 2009 à 18:20
Bonjour a tous,

J'ai appris hier suite a une ablation de son estomac et a un début de chimiothérapie (1 seule séance) quelques mois apres, que l'hopital ne pouvait plus rien pour lui.

Pour expliquer le contexte mon pere est malentendant et ma mere sourde et muette, de plus il est agé, mais du haut de ses 79 ans n'avait connu que tres peu de problemes médicaux.

J'ai 30 ans, cela fait déja quelques années que nous devons vivre avec l'inquiétude qu'a ma mere quand a son avenir solitaire devant le probable futur "départ" de mon pere, ayant une différence de presque 16 ans avec elle.

Il y a 6 mois il a commencé a se plaindre (bien que le mot ne représente absolument pas son état d'esprit) de douleur a l'estomac, suite a quoi le médecin généraliste lui a ordonnancé des médicaments anti ulcérique qui n'eurent que tres peu d'effet...

Au vu de son amaigrissement de prêt de 40 kilos en quelques mois et l'angoisse grandissante de ma mere et moi meme, notre médecin de famille décide de l'envoyer aux urgences.

Une semaine apres examen il est emmené sur la table d'opération, étant en vacances quand cela se passe je n'ai d'informations que quelques sms sans gravité et aucun contact avec l'équipe médical, et a mon retour mon pere m'explique tranquillement qu'on a du lui enlevé une partie de son estomac suite a un cancer mais que tout se passe apparemment bien..et qu'il n' y' a plus de réel soucis a se faire.

Devant le soulagement de l'annonce et de notre naïveté respective, nous reprenons le cours d'une vie "normale" lui a son domicile avec ma mere, moi avec ma compagne.

Puis ses maux de ventre reviennent quelques temps apres, il continue a perdre du poids jusqu'a afficher 62 kilos sur la balance alors qu'il en faisait 110 quelques mois auparavant..

Un retour a l'hopital est donc convenue et fait place aux retours de nos inquiétudes toujours plus grandissantes, des examens longs, une attitude classique voire normale des infirmiers ou chirugiens qui se veulent confiant et qui au bout de quelques semaines nous annoncent une récidive de petites tumeurs...mais qui d'apres eux ne doivent pas nous inquiéter plus que ca, des chimios légeres sont prévues et devraient tout faire disparaitre.

On m'explique les aller retour hopital-domicile qu'il devrait faire et que tout cela aurait une fin certainement heureuse..

La première séance a lieu, nous devons le laisser ca se passe bien mon pere n'en souffre pas, il s'en trouve meme mieux, il me dit qu'ensuite il a été faire un scanner qu'il attend les résultats.

Le lendemain je reviens donc le voir avec l'espoir que cela ne dure que quelques temps et que tout ira bien, et mon pere m'annonce qu'ils vont le changer d'établissement, nouvelle fraiche du matin meme.

La le meme médecin qui lui en avait parlé (stagiaire je pense au vu de sa compétence..) me dit que si il change d'endroit c'est parce que l'hopital est un endroit dit curatif et qu'on l'emmenera dans un centre de soins palliatif, je le fais répéter car je ne comprends pas, on m'avait affirmer qu'il serait en état d'etre guérit avec la chimio légere deux semaines avant..

Il est chinois ce qui n'a pas d'importance en soi mais s'exprime tres mal en français, me demande de parler plus fort.. ce qui m'ennuie vu que nous sommes dans le couloir juste devant la porte de la chambre de mon pere, je lui demande d'aller dans un bureau, il me répond que ce n'est pas possible.

Nous continuons donc coupé avec quelques patients qui viennent chercher des renseignements ...il rentre dans un vocabulaire médical que je ne comprends pas, et fini par me dire qu'ils ne peuvent plus rien faire, ce a quoi je m'évertue de ne pas accepter, il en vient a sourire nerveusement ce que je prends presque comme une agression psychologique, qui me pousse a me mettre en colere.

La il me demande de revenir dans la chambre et qu'il va chercher sa responsable, je commence a me diriger vers la chambre abasourdi et croise le regard de ma mere, les larmes aux yeux, les memes qui coulaient sur mes joues sans que je m'en rende compte..

Je refuse de rentrer en ayant l'impression que tout n'est pas clair, je retourne voir le médecin stagiaire en pleine conversation téléphonique qui me redemande de retourner a la chambre, ce que je refuse totalement en lui rétorquant qu'il est hors de question que j'affirme a mes parents qu'il n'y a plus rien a faire sans avoir compris la totalité de ses propos, il fait comme si je n'étais pas la..

Arrive alors le médecin en chef qui m'annonce toujours dans le meme couloir, toujours devant la porte de la chambre, que le staff c'est réunit qu'ils ont discuté du cas de mon pere et que deux solutions sont possible, la premiere une chimio lourde qui risque de lui faire plus de mal qu'autre chose et de le faire arriver a un état critique beaucoup plus rapidement, car des complications sont apparues et qu'au vu de son age ce n'est en fait pas envisageable, la deuxieme est d'attendre que son obstruction intestinal du aux tumeurs s'amoindrissent pour reprendre une chimio légere qui aurait pour but simplement d'allonger sa fin de vie.

j'apprends que c'est le troisieme qui doit s'occuper de son dossier que le premier est partie juste apres sa premiere opération, en retraite, que le deuxieme est en vacances et que c'est pour cela que je n'ai pu avoir d'informations complémentaires soutenues et qu'a prioris mon pere a cause de son handicap auditif n'avait pas compris la moitié de ce qui avait été tenté d'être expliqué.

Il avait refusé selon eux une chimio lourde apres opération qui aurait pu augmenter ses chances, alors qu'il n'en savait rien du tout.

Je lui fait part donc de ce qu'on m'avait annoncé en face personnellement comme une chimio curative qui selon elle n'a jamais été envisagée..il y'aurait eu un probleme de communication..mon pere était en fait au stade terminal et est donc devenu incurable.

Je ne peux plus me contenir, je vois ma mere, qui dis à mon pere par des gestes que je suis entrain de pleurer, ils ont compris, mais je me dois de leur expliquer, vu qu'aucun médecin n'avait tenté de le faire jusqu'ici et je me sens piégé..et j'ai mal, trop mal.

La médecin chef repart en me parlant je ne l'écoute plus..

J'ai devant moi mon pere alité aussi maigre qu'il n'avait jamais été,mais avec un visage fier, tenant la main de ma mere qui était en sanglot, je m'écroule sur sa main, et ne peut prononcer mot, dans un spasme respiratoire je lui annonce donc que c'est incurable, que tout ce qu'ils peuvent faire c'est réduire la douleur et que c'est pour ca qu'ils vont l'emmener ailleurs...

Il reste impassible, nous console moi et ma mere, la je leur avoue que je suis désolé de ne pas avoir pu leur cacher, que mes larmes étaient trop fortes, et que je ne pouvais pas assumer seul et de ne faire comme si de rien n'était, tant la nouvelle était un choc pour moi.

Mon pere me dit qu'il comprend, que ce n'est pas grave, me pose des questions sur ce qu'il s'est passé, je lui réponds, il me manque des informations, mais je ne peux plus.

Et s'inquiete de ce qu'il reste a faire avant son départ et ou il va finir sa vie, il garde courage, ce que moi je suis incapable de faire, je culpabilise meme.

J'ai annoncé à mon pere qu'il allait mourrir d'un cancer...je ne lui ai meme pas laissé garder un peu d'espoir.

Les médecins que je trouve aujourd'hui incompétent avaient mon numéro de téléphone, voyant que mon pere ne comprenait pas, aurait pu me téléphoner; la médecin que j'ai vu et qui m'avait annoncé un rétablissement largement possible, alors qu'il n'a jamais été envisageable, aurait fait sa pour laisser a mon pere et à nous de l'espoir?

Me retrouver a apprendre l'incurabilité de la maladie au milieu du passage, sans avoir été prévenu de la gravité, d'une facon peu claire et sous le regard de mes parents est presque inhumain...

Aujourd'hui ma tante et ma mere sont a son chevet, pour discuter de ce qui concerne l'administratif de cette nouvelle...je ne veux pas etre présent, pour moi tant que je pensais que mon pere allait s'en sortir, ces détails ne me dérangeait pas et était une facon de protéger mes parents, mais maintenant..

Suite a ca je ne sais pas trop quoi faire, si quelqu'un pouvait me diriger sur ce qui allait se passer, dois je prendre contact avec une assistante sociale ou attendre que l'hopital s'en occupe, alors que je ne leur fait plus du tout confiance..

Je sais qu'il faut que je sois fort pour mon pere et essayer d'etre aussi digne que lui, mais avec tout ce qui s'est passé, je me sens completement perdu.

Ce que j'aimerais savoir aussi si d'une part d'apres vous, je devrais me plaindre sur le suivi ou la communication désastreuse qui est en partie responsable de ce qui se passe.

Et deuxiemement tout ce qui pourrait m'aiguiller pour aider au mieux mes parents..

Je vous remercie de toute l'aide que vous pourriez apporter

3 réponses

isarh Messages postés 1807 Date d'inscription lundi 15 juin 2009 Statut Membre Dernière intervention 24 décembre 2009 1 184
20 août 2009 à 09:42
mon histoire est plus courte que la vôtre mais tout aussi ..... Mon beau-père a appris début juillet 2004 qu'il avait une tumeur au cerveau. Il n'a eu des nouvelles des médecins que fin aout. Début de la radiothérapie car il a refusé l'opération qui lui aurait enlevé la vue d'un oeil. Je ne comprends toujours pas son choix mais bon c'était à lui de décider et il ne pouvait pas savoir ce qui l'attendait. Fin de la radiothérapie fin octobre. Après plus de nouvelles des médecins jusqu'à fin novembre. Là on lui dit que la radiothérapie n'a rien fait et que de toute façon il pouvait vivre avec. Il nous annonce qu'il pourra vivre avec cette tumeur. Donc gros soulagement pour toute la famille. C'était fin novembre et le 6 décembre ! le 6 décembre ! il a perdu du sang par le nez, il est allez courrir à son évier de cuisine et là il s'est écroulé par terre : mort. Hémorragie cérébrale provoquée par sa tumeur. Et le médecin à rajouter il en avait partout des tumeurs on ne pouvait plus rien faire. Comme pour se décharger. En tout cas quand mon beau-père s'est lévé ce lundi 6 décembre 2004 il était loin de savoir qu'à 11h15 du matin il serait mort et nous aussi.
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Cher Laurent,
Je ne peux vous apporter grand chose à part mon soutien dans cette épreuve difficile.
Courage,
Valérie
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Merci de votre soutien Valérie,

Et j''en suis sincerement désolé pour vous Isarh,

A croire que certains médecins ont oublié a quoi ils servaient..

J'ai pu en faire part, a l'assistante sociale qui a su au moins calmer ma colere.

J'ai aussi pris rendez vous avec le médecin chef, afin de lui communiquer tout ce qui pour moi était intolérable et qu'elle puisse au moins dans le futur essayer d'y remédier..

Pour ce qui concerne une quelconque plainte par contre, mon cas n'est pas considéré comme assez grave pour en valoir la peine (cout+long procès) d'apres le médiateur.

Et tout ce que je peux faire c'est faire remonter ce qui est arrivé, le plus haut possible dans la hiérarchie de l'hopital, afin que ceux qui doivent subir des remontrances le soient.

Pour ce qui est de mon pere j'ai eu la visite de la responsable d'hospitalisation à domicile qui a su nous rassurer tant aux conditions de confort auxquelles il aura droit et devrait donc revenir chez lui d'ici une semaine, ce qu'on attendait plus et qui a mis un peu de joie dans tout ca.
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