Prise en charge de l’endométriose - démarche diagnostique et traitement médical (HAS)

Posez votre question
Dans un document de décembre 2017, la HAS publie ses recommandations quant à la prise en charge de l’endométriose. Celle-ci se révèle nécessaire en cas de douleurs ou d’infertilité, et requiert la réalisation de plusieurs examens.



Définitions et généralités

La HAS rappelle que l’endométriose résulte de la combinaison de facteurs génétiques, environnementaux, et liés aux menstruations. Une prise en charge est préconisée lorsqu’elle cause des douleurs ou une infertilité, et si elle affecte le bon fonctionnement d’un organe.
La surveillance par imagerie n’est pas requise en l’absence de symptômes, et le dépistage de l’endométriose ne doit pas être systématique. De la même façon, la HAS ne recommande pas le dépistage du cancer de l’ovaire en cas d’endométriose.

Diagnostic clinique

La HAS liste les principaux symptômes de l’endométriose : dysménorrhées intenses (8 ou plus), douleurs chroniques lors des rapports sexuels (dyspareunies), infertilité, douleurs lors de la défécation et atteintes urinaires pendant les menstruations.
Une évaluation de l’intensité de la douleur est recommandée, ainsi qu’une évaluation de la qualité de vie. La HAS invite également à pratiquer un examen gynécologique.

Examens de première intention

Selon la HAS, les examens à pratiquer en première intention sont l’examen clinique et l’échographie pelvienne, cette dernière ayant des performances similaires à l’IRM.
Un examen complémentaire (une nouvelle échographie ou une IRM) est à réaliser (par un référent) face à une masse ovarienne indéterminée.

Examens de deuxième intention

Les examens de deuxième intention servent à rechercher une endométriose profonde : examen pelvien orienté, IRM pelvienne et/ou échographie endovaginale. La taille et la localisation des lésions doivent être indiquées dans les comptes-rendus d’examens pour déterminer les modalités de prise en charge.

Examens de troisième intention

Les examens de troisième intention recommandés par la HAS relèvent de situations spécifiques.
La recherche d’une endométriose recto-sigmoïdienne est à réaliser au préalable d’une chirurgie d’exérèse, en cas de suspicion d’atteinte digestive.
En cas d’endométriose urinaire, il convient de rechercher une dilatation urétéropyélocalicielle et un éventuel retentissement rénal à l’aide de l’avis d’un spécialiste.
La HAS précise que la fertiloscopie n’est pas requise dans le diagnostic de l’endométriose.

Cœlioscopie

La cœlioscopie diagnostique est recommandée si les examens préopératoires n’ont pas permis de mettre en évidence une endométriose malgré une suspicion clinique. Elle peut aussi être réalisée pour éliminer un diagnostic d’endométriose, ou encore dans le cadre du traitement de douleurs ou d’une infertilité.

Information de la patiente

D’après les recommandations de la HAS, les patientes doivent bénéficier d’une information éclairée sur les traitements, les alternatives et sur la fertilité, tout en tenant compte de leurs attentes et leurs préférences. Des informations précises sont également à dispenser avant une éventuelle intervention chirurgicale.

Traitements hormonaux dans la prise en charge de l’endométriose douloureuse

En première intention, la HAS préconise le recours à une contraception œstroprogestative ou la mise en place d’un stérilet hormonal (SIU au lévonorgestrel).
En cas de contre-indications, d’effets secondaires potentiels et selon l’avis de la patiente, les traitements de deuxième intention indiqués par la HAS sont les microprogestatifs, l’implant à l’étonogestrel, et les analogues de la GnRH associés à de faibles doses d’œstrogènes (add-back thérapie).
Des traitements hormonaux peuvent aussi être proposés après une intervention chirurgicale en prévention des récidives.
Chez l’adolescente, la contraception œstroprogestative ou microprogestative est le traitement à prescrire en première intention en cas d’endométriose douloureuse.

Antalgiques, autres traitements et alternatives thérapeutiques non médicamenteuses

La HAS ne préconise pas la prescription d’AINS sur le long terme en raison de leurs effets secondaires potentiels sur le système rénal et l’appareil digestif.
Parmi les alternatives non médicamenteuses, l’acupuncture, le yoga et l’ostéopathie se révèlent efficaces pour améliorer la qualité de vie. À l’heure actuelle, les données disponibles sont encore insuffisantes pour recommander un régime alimentaire spécifique ou une supplémentation en vitamines.

Source

Prise en charge de l’endométriose - démarche diagnostique et traitement médical, fiche de synthèse de la Haute Autorité de Santé

Crédits photo : © CLIPAREA.com - Fotolia.com
Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

Santé médecine.net Le Particuler Santé
Publi-information