Prescription d’activité physique et sportive : accidents vasculaires cérébraux (HAS)

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La pratique d’une activité physique a montré son efficacité chez les patients ayant subi un AVC. La Haute Autorité de Santé propose des recommandations pour prescrire une AP adaptée à la suite d’un accident vasculaire cérébral.



Contexte et définition

L’accident vasculaire cérébral ou AVC se traduit par un déficit neurologique suite à un infarctus (AVC ischémique) ou à une hémorragie (AVC hémorragique). La forme ischémique est la plus fréquente et concerne 80% des cas.
Selon la HAS, « les bénéfices d’une activité physique (AP) poursuivie régulièrement toute la vie sont prouvés » après un AVC.

Effets de l’activité physique chez un patient avec un AVC

Les effets de l’activité physique en prévention primaire, secondaire et tertiaire

La pratique d’une AP améliore les facteurs de risque de l’AVC : hypertension artérielle, obésité, pathologies cardiaques, troubles du métabolisme lipidique ou glucidique, tabagisme. Chez les individus actifs, l’incidence des AVC est moins importante que chez les personnes sédentaires.
L’AP favorise aussi un bon pronostic à long terme en prévention secondaire, à condition d’être associée à des mesures hygiéno-diététiques.
Après un AVC, la pratique d’une activité physique adaptée permet d’améliorer la qualité de vie et de limiter le handicap.

Les effets de l'activité physique chez un patient en post-AVC

La pratique d’une AP post-AVC est préconisée par la HAS de manière précoce et doit être poursuivie tout au long de la vie.
Il peut s’agir d’un entraînement en endurance de type fractionné ou continu selon les préférences du patient. 3 à 5 séances par semaine sont recommandées, d’une durée de 10 à 60 minutes et d’une intensité adaptée aux capacités du patient. La marche sur tapis roulant, le cyclisme et la natation font partie des disciplines ayant montré leur efficacité.
Les patients ayant subi un AVC peuvent également suivre des séances de renforcement musculaire en phase chronique.
La HAS précise que l’AP doit s’ajouter aux tâches quotidiennes et non les remplacer.

Considérations particulières

Le traitement des patients post-AVC

La HAS rappelle le caractère multidisciplinaire de la prise en charge du patient après un AVC. Aussi l’activité physique doit-elle être associée au traitement des facteurs de risque et notamment cardio-vasculaires. La HAS recommande aussi le recours aux programmes d’autogestion pour améliorer la qualité de vie.

Les principes de la réhabilitation neurologique

Un bilan précis des capacités du patient est requis avant la prescription d’une AP en raison de la variabilité des séquelles individuelles de l’AVC.
En phase aiguë (14 jours après l’AVC), l’activité physique doit être proposée précocement en centre de réhabilitation. La HAS préconise d’associer les méthodes de rééducation motrice et invite à commencer la rééducation fonctionnelle de la marche le plus tôt possible.
En phase chronique, l’AP est à pratiquer de manière journalière dès la sortie du centre de réhabilitation. La HAS recommande un entraînement mixte (endurance et renforcement musculaire).

La consultation médicale d’activité physique

Selon la HAS, la consultation d’AP « est toujours recommandée chez un patient post-AVC, compte tenu des bénéfices pour la santé de l’AP, même à distance prolongée de l’AVC ». En post-AVC, elle doit notamment comprendre une évaluation des séquelles et du niveau de risque cardio-vasculaire ainsi qu’un contrôle de la pression artérielle.
La HAS recommande de prendre connaissance des éventuels freins à la pratique d’une activité physique

L’épreuve d’effort et le test de marche

L’épreuve d’effort est recommandée aux patients en post-AVC au même titre qu’un avis cardiologique, avant de commencer une AP d’intensité élevée. Les limites motrices du patient liées aux séquelles de l’AVC peuvent compliquer l’évaluation de la capacité cardio-respiratoire maximale (VO2 max). Le réentraînement peut être guidé par la puissance maximale développée, par le premier seuil ventilatoire et par la qualité de récupération de la fréquence cardiaque après l’effort.
Le test de marche de 6 minutes (TM6) est conseillé pour observer le retentissement des séquelles de l’AVC sur la marche.

Prescription d’activité physique et sportive

En page 7 du référentiel, la HAS propose un tableau récapitulatif de la prescription d’AP chez le patient post-AVC. Il contient les modalités de pratique par type d’AP, fréquence, intensité et durée. Des exemples de disciplines adaptées sont également proposés : la marche, a nage, le vélo, le yoga et les jeux vidéo actifs en font partie.
La HAS indique également que des recherches complémentaires demeurent nécessaires pour mieux connaître les effets et les bénéfices de l’activité physique après un AVC et pour proposer une prise en charge optimale.

Source

Prescription d’activité physique et sportive : accidents vasculaires cérébraux, Haute Autorité de Santé

Crédits photo : © Robert Kneschke - Fotolia.com
Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

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