Infections invasives à Kingella kingae - gestion de cas groupés en collectivités d’enfants (avis du HCSP)

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Dans un avis publié en novembre 2018, le Haut Conseil de la Santé Publique propose ses recommandations de prise en charge des cas groupés d’infection à K. kingae.



Le HCSP a pris en considération les éléments suivants

Les aspects bactériologiques

Le HCSP rappelle la difficulté de détection du coccobacille Kingella kingae en culture. En France, seuls certains laboratoires universitaires sont en mesure de réaliser les examens adaptés.

Le portage oro-pharyngé de K. kingae

Selon les résultats de deux études, le diagnostic d’une infection ostéo-articulaire à K. kingae doit être considéré comme « hautement probable » chez l’enfant de 6 à 48 mois porteur de la bactérie et atteint d’une IOA.

L’épidémiologie des épisodes de cas groupés

D’après le HCSP, 23 foyers de cas groupés d’infections à K. kingae dans des collectivités d’enfants ont été observés dans le monde depuis 2003. Aussi la bactérie possède-t-elle un potentiel épidémique. Chez l’enfant de moins 4 ans, elle est le plus souvent en cause dans les cas d’IOA, groupés ou non. Les arthrites sont les affections les plus fréquemment constatées (73% des cas) : arthrite du genou, de la hanche ou des chevilles.

Les aspects cliniques des infections à K. kingae

Les symptômes des infections à K. kingae sont généralement peu caractéristiques, avec une fièvre peu élevée ou absente. Le HCSP précise que la présence d’une douleur ostéo-articulaire, d’une impotence fonctionnelle ou d’un œdème localisé en l’absence de traumatisme chez l’enfant de 6 à 48 mois doit faire suspecter une IOA.
Par ailleurs, ce type d’affection évolue favorablement et sans séquelle dans la majorité des cas.

Le diagnostic des infections à K. kingae

Un examen d’imagerie est requis pour confirmer la présence d’une IOA chez l’enfant, à condition de ne pas en retarder la prise en charge. Pour mettre en évidence la bactérie en cause, la méthode à employer est la réalisation d’hémocultures et d’une ponction.
Le HCSP ajoute que la recherche systématique de K. kingae dans l’oropharynx ne fait l’objet d’aucune recommandation internationale face à une IOA chez l’enfant.

La prise en charge médicale et chirurgicale

L’amoxiciline par voie parentérale est le traitement privilégié en cas d’infection par K. kingae confirmée. Dès l’amélioration des symptômes et la baisse des paramètres biologiques, la prise en charge repose sur un traitement oral avec la même molécule.
Le traitement chirurgical préconisé est commun à toutes les IOA de l’enfant, indique le HCSP : drainage d’une collection et lavage articulaire en cas d’épanchement important.

Les études des épisodes de cas groupés rapportés dans la littérature

Sur les 23 épisodes de cas groupés observés dans des crèches depuis 2003, seuls 13 ont été traités par antibioprophylaxie (enfants et personnel de l’établissement). Le HCSP indique qu’aucune étude randomisée n’a permis de mettre en évidence l’efficacité de cette prise en charge par rapport au placebo. L’avis relève également qu’aucun nouveau cas d’IOA à K. kingaa n’est survenu à la suite d’une antibioprophylaxie, mais que l’épidémie pouvait régresser spontanément en un mois maximum même sans traitement préventif.
La fermeture de la crèche n’a été décidée que dans deux épisodes à l’occasion d’une période de congés.

Les recommandations du HCSP

D’après les observations du HCSP, les infections à K. kingae sont encore mal connues sur plusieurs points : leurs modalités de diagnostic, les facteurs de portage de la bactérie et l’efficacité de l’antibioprophylaxie dans les cas groupés.
Le HCSP détaille les définitions des cas confirmés, probables, possibles et des épisodes de cas groupés. Aussi le cas confirmé se caractérise-t-il par l’identification de la bactérie par culture ou par des tests de biologie moléculaire réalisés à partir d’un prélèvement d’un site normalement stérile. L’épisode de cas groupés désigne l’apparition d’au moins deux cas (dont au moins un confirmé ou probable) dans une même collectivité dans un délai d’un mois.
Le HCSP propose plusieurs mesures en cas de signalement de cas groupés d’infection à K. kingae. Parmi ses recommandations, il indique qu’« il n’est pas utile de rechercher un portage oro-pharyngé de la bactérie chez les autres enfants de la section ou de la collectivité, ni chez le personnel en contact avec les cas index ». La prescription d’une antibioprophylaxie n’est pas non plus requise en l’absence de facteur de risque identifié. Le HCSP préconise en revanche le rappel des mesures d’hygiène dans la collectivité, la surveillance de nouveaux cas d’infection invasive, et l’information du personnel de la crèche et des parents des enfants quant à la maladie et son contexte. Il est également préférable de se rapprocher du médecin de l’établissement d’accueil et de l’ARS en présence de cas groupés. En l’absence d’un centre national de référence, une identification des laboratoires spécialisés dans la recherche de K. kingae est souhaitable.

Source

Infections invasives à Kingella kingae - gestion de cas groupés en collectivités d’enfants, Haut Conseil de la Santé Publique

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Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

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