Prévention de l’hypothermie peropératoire accidentelle au bloc opératoire chez l’adulte (SFAR)

Posez votre question
La Société Française d’Anesthésie et de Réanimation propose des recommandations pour réduire le risque d’hypothermie et de complications chez le patient anesthésié.



Introduction et rappels

Il est bien établi que l’administration de médicaments d’anesthésie cause une hypothermie chez les patients, pouvant entraîner la survenue de complications. En 2015, une enquête réalisée en France a montré qu’un patient sur deux arrivait en hypothermie en salle de surveillance post-interventionnelle. Cette étude a permis de mettre en évidence un usage incorrect des moyens de réchauffement disponible et une surveillance insuffisante de l’hypothermie chez les patients anesthésiés. Pour y remédier et en l’absence de consignes spécifiques en France, la Société Française d’Anesthésie et de Réanimation a élaboré plusieurs recommandations.
La SFAR commence par détailler plusieurs rappels pour mieux comprendre le phénomène d’hypothermie : les mécanismes de thermorégulation pendant l’anesthésie et les facteurs de risque d’hypothermie péri-opératoire, notamment.
La SFAR propose également des définitions de la normothermie et de l’hyporthermie. En péri-opératoire, la normothermie correspond à une température comprise entre 36,5°C et 37,5°C. La valeur seuil de l’hypothermie est quant à elle fixée à 36°C dans la majorité des études et par les sociétés savantes : elle peut être facilement atteinte en pratique clinique et ne représente pas une dette thermique importante pour les patients.

Objectifs et méthodologie

Avec ces recommandations, la SFAR souhaite établir une température cible minimum, évaluer le rapport bénéfices/risques de la prévention de l’hypothermie peropératoire accidentelle, définir les modalités et les temps de mise en œuvre du réchauffement du patient, et proposer des stratégies de prévention de l’hypothermie et de monitorage de la température.
Elle a pour cela utilisé la méthode GRADE, qui permet d’estimer la qualité des preuves et de déterminer un niveau de recommandation après avoir analysé les études disponibles.

Recommandations

Hypothermie : conséquences et seuil

Selon les recommandations de la SFAR, la lutte contre l’hypothermie péri-opératoire permet de réduire le risque infectieux, cardio-vasculaire et hémorragique chez le patient anesthésié. De nombreuses études ont en effet permis d’établir le lien entre la baisse de la température du patient et la survenue de complications.
Le maintien d’une température supérieure ou égale à 36,5°C est préconisé par la SFAR.

Techniques de réchauffement

La réalisation d’un réchauffement cutané actif est souhaitable avant et pendant l’anesthésie pour en conserver les bénéfices. Selon les études disponibles, ces techniques sont efficaces dans la prévention de l’hypothermie et de ses complications chez le patient anesthésié. Elles sont à privilégier par rapport au réchauffement passif par isolation cutanée (utilisation de vêtements ou de couvertures de survie) et ne comportent pas de risque infectieux. En revanche, la SFAR souligne qu’un usage approprié des techniques de réchauffement cutané actif peut provoquer des brûlures.
En cas d’administration d’un volume important de fluides intraveineux, ceux-ci peuvent être réchauffés pour éviter une baisse de la température du patient, toujours en association avec un réchauffement cutané actif. Les résultats des études disponibles n’ont cependant pas permis à la SFAR d’établir un volume seuil à partir duquel les fluides doivent être réchauffés. Les produits sanguins labiles et aux liquides d’irrigation chirurgicaux doivent également faire l’objet d’un réchauffement pour maintenir la température du patient.
Si un patient anesthésié arrive en hypothermie en salle de surveillance post-interventionnelle, la SFAR recommande le recours au réchauffement cutané actif en privilégiant les dispositifs à air chaud pulsé.

Source

Prévention de l’hypothermie peropératoire accidentelle au bloc opératoire chez l’adulte, Recommandations formalisées d’experts - Société Française d’Anesthésie et de Réanimation

Crédits photo : © goodmoments - Fotolia.com
Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

Santé médecine.net Le Particuler Santé
Publi-information