Cabines de bronzage : l’Anses rappelle le risque avéré de cancer de la peau

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Dans un avis d’octobre 2018, l’Anses confirme le risque de cancer cutané induit par l’exposition aux UV artificiels et alerte les pouvoirs publics en vue de la mise en place de nouvelles mesures d’interdiction.



Contexte et synthèse des données scientifiques

En 2012 et en 2014, l’Anses rendait deux avis sur les dangers de l’utilisation des cabines de bronzage. Dans son avis de 2018, l’Agence fait le point sur les connaissances scientifiques disponibles depuis 1997 et sur les évaluations les plus récentes. Il en ressort notamment que les dernières expertises confirment les précédentes.
D’après une étude publiée en 2016, 5,4 % des nouveaux cas de mélanome recensés chaque année en Europe sont liés au bronzage artificiel. En France, 43 % des cas de mélanome survenus chez des sujets jeunes seraient dus à une exposition aux rayons artificiels avant l’âge de 30 ans. L’Anses cite également un document de l’OMS soulignant que « les effets délétères associés à l’utilisation des appareils de bronzage sont maintenant bien documentés et les preuves continuent de croître. »

Cabines de bronzage : une exposition très intense, notamment aux UVA

Les cabines de bronzage artificiel exposent à des sources intenses et plus riches en UVA que la lumière naturelle. Pour ces appareils, la limite maximale correspond à un indice UV de 12, alors que les indices les plus hauts relevés en France dépassent rarement 8 ou 9.

Effet cancérigène et génotoxique des UVA

Selon le Centre international de recherche sur le cancer, l’exposition au rayonnement UV artificiel est classé comme agent cancérigène certain.
Longtemps considérés comme inoffensifs, les UVA ont une moindre capacité à causer des érythèmes que les UVB, mais ils sont aussi à l’origine d’une augmentation du risque de cancer de la peau.

Autres effets sanitaires

Addiction au bronzage en cabine

Certaines études suggèrent que le recours excessif au bronzage en cabine pourrait relever de l’addiction ou de la dépendance. Le mécanisme de ce comportement est encore mal connu mais pourrait impliquer une réponse de récompense, explique l’Anses.

Immunosuppression

L’exposition aux UVA et aux UVB altère l’efficacité du système immunitaire et joue un rôle dans la progression des cancers cutanés. Ce phénomène se traduit notamment par un ralentissement de l’élimination des cellules précancéreuses.
D’autres études relèvent un lien entre exposition solaire et réduction de l’efficacité de certains vaccins, mais peu de données sont disponibles sur les UV artificiels.

Photovieillissement

L’exposition aux rayons UV est une cause majeure et bien connue de vieillissement cutané accéléré, rappelle l’Anses. Surtout dû aux UVA, cet effet est quatre fois plus rapide à la suite de l’utilisation de cabines de bronzage qu’après une exposition à la lumière naturelle.

Une absence d’effets bénéfiques

Lampe de bronzage artificiel et vitamine D

Selon l’avis de l’Anses, l’exposition aux UV artificiels ne permet pas de couvrir les besoins en vitamine D. Une exposition « normale et courte » suffit pour y répondre.
La production de vitamine D étant surtout due aux UVB, des apports significatifs supposeraient une exposition fortement prolongée en cabine de bronzage.

« Préparation » de la peau au bronzage

L’Anses rappelle que la coloration de la peau provoquée par les UVA ne correspond pas au bronzage mais à une oxydation de la mélanine et à une redistribution du pigment. Elle n’offre pas de protection contre les dommages causés à l’ADN par les UVB, et ne permet pas de se prémunir des coups de soleil.

Efficacité en matière de santé publique de la réglementation des appareils de bronzage dans différents pays

L’Anses cite plusieurs études dont les résultats suggèrent une baisse du niveau de risque et de la prévalence d’utilisation des cabines de bronzage à la suite de la mise en place de restrictions. En Islande notamment, où des campagnes de sensibilisation ont contribué à réduire le recours aux appareils de bronzage et l’incidence du mélanome du tronc chez les femmes. En Belgique, une étude estime que l’interdiction de ces cabines donnerait lieu à un gain en espérance de vie et en budget pour financer le système de santé.

Conclusions et recommandations de l’Agence

Les effets des UVA et des UVB sont parfaitement connus et documentés. Aussi, l’Anses rappelle que le risque de cancer lié aux appareils de bronzage est avéré et souligne l’impossibilité de fixer une dose de sécurité pour les UV artificiels.
Si de nouvelles restrictions ont été mises en place en 2016, l’Agence invite les pouvoirs publics à prendre des mesures supplémentaires visant à faire cesser les expositions aux rayons UV artificiels à des fins esthétiques.

Source

Avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’exposition aux ultraviolets artificiels émis par les cabines de bronzage

Crédits photo : © Dangubic - Fotolia.com
Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

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