Fièvres Hémorragiques Virales : repérer et prendre en charge un patient suspect en France (Mission COREB nationale)

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La mission COREB nationale (Coordination Opérationnelle en Réseau du Risque Épidémique et Biologique) propose un référentiel de prise en charge des patients présentant des signes de Fièvre Hémorragique Virale (FHV) au retour d’une zone épidémique.



Contexte

Les régions d’Afrique de l’Ouest et Centrale sont touchées par des épidémies et des endémies de Fièvres Hémorragiques Virales (FHV). Ces pathologies, comme la fièvre de Lassa ou Ebola, se transmettent par contact avec les fluides corporels et sont potentiellement graves.

Dépister

Le référentiel définit comme « suspect » tout patient présentant le tableau clinique moins de 21 jours après avoir été exposé au risque de FHV. Les symptômes doivent associer une fièvre supérieure à 38 °C survenant brutalement, et un autre syndrome comprenant : asthénie, céphalées, douleurs diffuses, toux et conjonctivite ; ou diarrhée, vomissements et signes d’hémorragies cutanéo-muqueuses et viscérales.
Les facteurs de risque d’exposition à la FHV sont les séjours en zone épidémique (particulièrement les milieux ruraux), les contacts avec tout fluide corporel de patient suspect ou confirmé voire d’animal potentiellement infecté.
Le référentiel recommande également la recherche de diagnostics alternatifs pour éviter tout préjudice au patient. Parmi les autres causes possibles de fièvre au retour d’Afrique : le paludisme et les infections bactériennes ou virales telles que la grippe, la dengue, la fièvre jaune, le Chikungunya.
L’organisation du dépistage doit inclure un recours à la triade d’expertise associant infectiologue référent, SAMU et Centre National de Référence (CNR).

Protéger

Les mesures de protection concernent autant le patient suspect que les soignants, et doivent être appliquées selon différents niveaux d’exigence. Ceux-ci dépendent notamment de la gravité des symptômes, de la probabilité diagnostique et du caractère de l’exposition au risque de FHV.
Pour les patients, le référentiel préconise un isolement en chambre individuelle avec port de masque chirurgical et solutions hydro-alcooliques à disposition.
Les soignants doivent de préférence être des médecins et infirmiers seniors, au sein d’une équipe dédiée et entraînée. Le référentiel recommande également un travail en binôme, avec un renforcement des précautions spécifiques au risque épidémique et biologique (REB) : utilisation de masques de protections filtrants (FFP2), de solutions hydro-alcooliques, de surblouses et de gants non stériles.

Prendre en charge

Selon le référentiel, la prise en charge d’un patient potentiellement atteint d’une FHV passe d’abord par le repérage de signes de gravité (signes hémorragiques ou neuro-psychiques) et de comorbidités (en cas de fièvre de Lassa survenant pendant la grossesse, par exemple).
Le traitement doit être mis en place au plus tôt, au moyen de mesures symptomatiques et spécifiques. Une fois la suspicion de FHV validée avec l’infectiologue référent et le CNR, le référentiel invite à prendre contact avec l’agence Régionale de Santé locale pour effectuer la déclaration obligatoire du cas, et organiser un transfert du patient si nécessaire. Le choix des prélèvements à effectuer doit également être décidé en lien avec le CNR.

Source

Fièvres Hémorragiques Virales (FHV) : repérer et prendre en charge un patient suspect en France, référentiel de la mission COREB

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Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

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