Mémoire et internet: un impact négatif

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Ordinateurs, smartphones et tablettes que nous utilisons chaque jour davantage nous permettent de trouver en quelques secondes des informations qu’il n’est plus indispensable d’apprendre par cœur car ces appareils les enregistrent à notre place.


Mémoire à court terme

Ces habitudes entrainent un risque encore trop nous méconnu qui est celui d’affaiblir notre mémoire à plus long terme. Différentes expériences ont montré qu’Internet change notre façon d'utiliser notre mémoire. En effectuant un test très simple autour de vous vous réaliserez qu’à peine 10% d’entre elles se souviennent des numéros de téléphone de leurs proches, conjoints, parents...alors qu’il y a encore 10 ans environ, cela était encore possible.
Le philosophe Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Georges-Pompidou illustre parfaitement ce phénomène en précisant que la mémoire nous échappe de plus en plus. De nombreux travaux montrent que l’ordinateur ou le smartphone va se souvenir d’une information pour nous aurons ainsi beaucoup moins tendance à nous en souvenir, situation qui peut avoir des effets négatifs sur notre mémoire et plus particulièrement sur la mémoire à court terme encore appelée mémoire de travail.Cette mémoire à court terme qui se détériore permet de retenir une quantité d’informations limitées pendant une courte période. Selon Nicholas Carr, auteur de plusieurs essais consacré aux effets collatéraux d’Internet sur l’intelligence et le cerveau humains, la mémoire à long-terme a une capacité quasiment illimitée alors la mémoire à court-terme possède un stockage plus limité. Or cette mémoire à court terme agit comme une sorte de porte d’entrée à la mémoire à long terme. Une altération de cette mémoire peut ainsi rendre plus difficile l’acquisition de nouveaux souvenirs pour la mémoire à long terme. Celui-ci précise d’ailleurs que l’intensité de notre intelligence dépend de notre capacité à transférer les informations de la mémoire à court terme à la mémoire à long-terme.

Trous de mémoire

Les trous de mémoire, que nous pensions concerner essentiellement les personnes âgées, s’observent désormais de plus en plus chez les jeunes qui se reposent beaucoup trop sur la technologie.

Surcharge d’informations

La surcharge d’informations que nous absorbons rend plus difficile leur mémorisation et la plupart d’entre nous n’arrive plus à les gérer .Un grand nombre d’études appuyées par celles de chercheurs du MIT, Institut de technologie du Massachusetts, montre également que nos facultés de compréhension et de mémorisation sont diminuées lorsque nous faisons plusieurs choses à la fois.

Une réflexion publiée par la revue Scientific American mérite qu’on s’y attarde : Internet est en train de devenir le “disque dur externe” du cerveau.

Sources : Huffington Post

Une étude de Kaspersky Lab, réalisée en ligne auprès de 1 000 personnes âgées de 16 ans et plus en février et mars 2015, révèle que plus de 50% des utilisateurs européens de smartphones et de tablettes ne peuvent pas se souvenir du numéro de téléphone de leurs proches ni dans un tiers des cas, de celui de leur conjoint. D'autre part, 43% des jeunes consommateurs estiment que leur smartphone mémorise pour eux tout ce dont ils besoin de se rappeler.

Etude

Les résultats de cette étude, effectuée auprès de 6 000 personnes âgées de 16 ans ou plus dans six pays européens, révèlent l'impossibilité à retenir des informations importantes, situation liée au fait qu'elles sont immédiatement enregistrées le plus souvent sur les smartphones. Près de la moitié des 16-24 ans répondent en outre que leur smartphone contient à peu près tout ce qu'ils doivent savoir ou se rappeler.

Amnésie numérique

Les experts ayant collaboré à cette enquête évoquent une entité clinique qu'ils appellent amnésie numérique, correspondant à l'oubli des informations notées dans un appareil numérique. Toutes les tranches d'âge sont concernées par ce phénomène, et hommes et femmes sont également atteints de cette amnésie dans la même proportion.

Prothèse cérébrale ? Doudou ?

De nombreux professionnels n'hésitent pas à évoquer au sujet du smarphone, le terme de « doudou », dont la perte peut provoquer de véritables paniques. Laurence Allard, Maître de conférences et Sociologue des usages innovant à l'Université Lille 3/IRCAV-Paris 3 emploie même le terme de « prothèse cérébrale ».

Risques de perte des données à l'origine d'un grand stress

Selon David Emm, chercheur en sécurité chez Kaspersky Lab, la perte ou le piratage des données présentes dans l'appareil peut provoquer une situation de détresse, d'où la nécessité d'installer des logiciels de sécurité afin de les rassurer. En effet cette étude révèle que les consommateurs ne protègent pas suffisamment leurs équipements à l'aide de solutions de sécurité et à peine 1 smartphone sur 3 et un quart des tablettes en sont équipés.

Sources : Kaspersky Lab, Juillet 2015, www.kaspersky.fr.

Rapports sociaux modifiés

Connectés en permanence sur leurs smarphones, les utilisateurs communiquent beaucoup moins avec leurs proches, et de manière de plus en plus superficielle.

Burn out

Le recours à ces appareils connectés en permanence, peut même être à l'origine d'un burn out chez des personnes utilisant en permanence, sans jamais se « déconnecter », ces outils pour leur activité professionnelle dans le cadre des horaires classiques mais également le soir, le week end ou en vacances travail cadres à travailler de plus en plus souvent, en dehors leurs périodes habituelles de travail, le soir et le week-end.


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Penser à faire travailler sa mémoire
Pierrick Horde

Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

Santé médecine.net Le Particuler Santé

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Publié par Docteur Pierrick Hordé. Dernière mise à jour le 9 avril 2018 à 11:53 par Docteur Pierrick Hordé.

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