Phytothérapie: aider les patients atteints de cancer (AFSOS)

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De nombreux patients suivis pour un cancer utilisent la phytothérapie ou souhaitent y avoir recours, sans avoir toujours conscience des effets secondaires et des éventuelles interactions médicamenteuses avec les traitements.
L’Association Francophone des Soins Oncologiques de Support propose un guide sur plusieurs plantes pour orienter les professionnels de santé et sensibiliser les patients aux risques de la phytothérapie.



Ail

L’ail peut être employé frais, en poudre dans une préparation culinaire, ou sous forme d’huile essentielle. Certaines études suggèrent qu’une consommation régulière d’ail contribue à réduire le risque de cancer de l’estomac, de cancer colorectal, et le risque cardio-vasculaire.
L’Afsos attire également l’attention sur le risque d’allergie, l’augmentation des effets des médicaments anticoagulants, et sur de fortes interactions avec des médicaments tels que les antiprotéases du VIH.

Aloé vera

L’aloé vera ou aloé vulgaire est une plante dont les principes actifs sont contenus dans les feuilles et dans un gel issu de ces mêmes feuilles. Son emploi en gel, gélules, comprimés ou boissons, est indiqué en cas de brûlure au deuxième degré, pour soulager les effets secondaires de la radiothérapie, en cas d’aphtes (mucites) ou de constipation.
L’aloé vera présente des risques d’allergie après une application locale à long terme. Une ingestion à haute dose est susceptible de donner lieu à des douleurs abdominales et des nausées.

Curcuma

Consommé comme épice dans l’alimentation, le curcuma peut également être utilisé sous forme d’extrait sec ou liquide. En phytothérapie, le curcuma est indiqué en cas de troubles digestifs (dyspepsie haute), de risque cardio-vasculaire, de dyslipidémie du syndrome métabolique. Il est en effet connu pour ses effets protecteurs sur le foie et le système vasculaire, et pour son action anti-inflammatoire.
L’utilisation du curcuma est contre-indiquée aux personnes sous anticoagulants, antiagrégants plaquettaires, immunosupresseurs et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Il peut également inhiber l’effet de certaines chimiothérapies.

Gingembre

Le gingembre, dont la partie utilisée est le rhizome (la racine), peut être consommé frais, séché, en gélules ou en EPS (extrait de plante standardisé). Selon les doses employées, le gingembre est indiqué aux personnes souffrant de nausées ou d’asthénie. Il est en revanche déconseillé aux femmes enceintes et aux personnes sous antiagrégants plaquettaires.
Avant une intervention chirurgicale, il est recommandé de stopper la consommation de gingembre.

Ginseng

Séchée, en gélules ou en EPS, la racine de ginseng est utilisée pour accroître les capacités physiques des personnes atteintes d’asthénie fonctionnelle. Le ginseng est également indiqué pour améliorer les fonctions cognitives et offrir une meilleure résistance au stress.
La racine de ginseng fait l’objet de plusieurs contre-indications : femmes enceintes ou allaitantes, hypertension artérielle non équilibrée, psychose, cancers hormonodépendants, interactions avec les anticoagulants. La consommation de ginseng doit être arrêtée avant toute intervention chirurgicale.

Guarana

Le guarana contient un fort taux de caféine, mais aussi des oligo-éléments, des sels minéraux, des acides aminés, des acides gras et des vitamines. Son action stimulante est recommandée en cas de fatigue, en traitement de courte durée chez les personnes prises en charge en chimiothérapie pour un cancer du sein.
L’Afsos recommande la plus grande vigilance à l’égard de la caféine, susceptible de causer une tachycardie, d’augmenter les effets des analgésiques et de diminuer ceux des sédatifs. Le guarana est déconseillé aux femmes enceintes en raison du risque de prématurité.

Pamplemousse

Le pamplemousse est un fruit à consommer tel quel, en jus, en huile ou en extrait de pépins. Certaines études attribuent au pamplemousse un rôle dans la prévention des cancers de l’œsophage, du colon, de la bouche et du larynx. Son utilisation est à déconseiller aux personnes souffrant de brûlures d’estomac (pyrosis), d’un ulcère et de reflux.

Réglisse

Parmi ses propriétés, la réglisse possède une action anit-inflammatoire sur la peau et les muqueuses et une activité œstrogénique. Elle réduit également la testostérone et aide à fluidifier les sécrétions dans les bronches. Aussi, l’utilisation de la réglisse est indiquée pour soulager les symptômes de la ménopause, en cas d’ulcère gastrique, de bronchite, d’inflammation, et dans le cadre du cancer de la prostate.
L’usage oral de la réglisse est contre-indiqué aux personnes atteintes d’hypertension, d’hypokaliémie et de troubles du rythme cardiaque.

Sauge

La sauge peut être employée en infusion ou en décoction. L’huile essentielle est déconseillée.
Cette plante renferme de nombreuses propriétés, parmi lesquelles : bactéricide, anti-oxydante, anti-inflammatoire, anti-asthénique et anti-diabétique. La sauge est indiquée en cas d’inflammation de la peau et des muqueuses, de troubles digestifs, et de bouffées de chaleur à la ménopause.
Son utilisation est proscrite chez les patients atteints de cancers hormonodépendants. Il existe aussi risque d’hémorragie chez les patients sous anticoagulants.

Soja

Le soja peut être consommé sous de nombreuses formes : farine, huile, lait, tofu, etc. Son rôle dans la prévention du cancer n’est pas établi, les données disponibles se révélant contradictoires. L’Afsos précise que les compléments alimentaires à base de soja sont contre-indiqués aux patients souffrant de tumeurs dépendant des œstrogènes : ils peuvent en augmenter la croissance en raison d’une action œstrogénique.

Tableaux des cytochromes

Certaines plantes sont susceptibles d’inhiber ou d’accélérer l’action des cytochromes, enzymes responsables du métabolisme des médicaments dans le foie. L’Afsos résume ces effets potentiels dans un tableau en page 26 du document.

Source

Question phytothérapie - répondre aux patients atteints de cancer, Association Francophone des Soins Oncologiques de Support

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Réalisé en collaboration avec des professionnels de la santé et de la médecine, sous la direction du docteur Pierrick HORDE, directeur éditorial de Santé-Médecine et du Particulier Santé.

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