Dépression de l’adulte : diagnostic et traitement

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Les recommandations de la HAS publiées en octobre 2017 portent sur les symptômes de l’épisode dépressif, l’évaluation de leur sévérité, et l’estimation du risque suicidaire. Dans certaines situations, l’hospitalisation du patient est requise.

Critères diagnostiques d’un épisode dépressif caractérisé

Symptômes d’un épisode dépressif caractérisé

Le diagnostic d’un épisode dépressif repose sur l’examen clinique des symptômes : ceux-ci doivent être présents pendant au moins deux semaines, provoquer une détresse significative et avoir induit un changement dans la vie professionnelle, sociale et/ou familiale. L’épisode dépressif est caractérisé par la présence d’au moins deux symptômes principaux parmi l’humeur dépressive, la perte d’énergie et l’abattement. Il convient également de relever deux autres signes tels que la baisse de la confiance en soi, des idées suicidaires ou des troubles du sommeil. La HAS recommande d’utiliser la classification CIM-10 établie par l’OMS et le DSM-5 de l’Association Américaine de Psychiatrie.

Le deuil

Le deuil n’est pas un état pathologique, mais il convient d’y prêter attention dans la mesure où il peut être compliqué par un épisode dépressif.

Personne âgée

La HAS préconise de se poser la question d’un épisode dépressif sous-jacent face à la survenue de troubles cognitifs chez une personne âgée. L’épisode dépressif peut être conséquent à une maladie neuro-dégénérative.La HAS précise également que le risque suicidaire est élevé chez le sujet âgé.

Diagnostic différentiel

Les autres troubles psychiatriques, la prise, l’abus ou le sevrage de médicaments ou de psychoactifs font partie des diagnostics différentiels. La HAS inclut également la polymédication chez le sujet âgé.

Évaluation initiale de l’épisode dépressif caractérisé

La HAS invite à pratiquer un examen clinique pour rechercher une maladie associée, et d’éventuels examens de laboratoire.

Entretien clinique

La HAS recommande la réalisation d’un bilan initial en recherchant plusieurs éléments, parmi lesquels : le risque suicidaire, l’existence d’un trouble psychiatrique associé (troubles anxieux), des troubles de la sexualité, des facteurs de risque psychosociaux.
Connaître les antécédents psychiatriques et somatiques est également utile au diagnostic d’un épisode dépressif. Des informations complémentaires peuvent être recueillies auprès des proches du patient avec son accord.

Outils d’aide au diagnostic

L’utilisation d’outils standardisés est laissée à l’appréciation du médecin, précise la HAS. Le recours à un auto-questionnaire est également envisageable.

Évaluation de la sévérité de l’épisode dépressif caractérisé

Définition

La HAS préconise l’utilisation des critères de la classification CIM-10 et du DSM-5 qui distinguent trois niveaux : léger, modéré, sévère. Les niveaux de sévérité sont déterminés selon le nombre et l’intensité des symptômes observés, et selon leur retentissement sur les activités du patient.

Outils disponibles

Les outils standardisés aident au diagnostic et au suivi du patient, mais l’évaluation de la sévérité de l’épisode dépressif est confiée au jugement du médecin.

Risque suicidaire

Évaluation du risque suicidaire

Le risque suicidaire doit être évalué dès le bilan initial, et régulièrement au cours du suivi du patient. La HAS recommande l’instauration d’un climat de confiance et un questionnement avec tact. Parmi les éléments à évaluer : la fréquence et l’intensité des idées suicidaires, l’imminence du passage à l’acte, les comportements préparatoires. La HAS invite également les médecins à rechercher des facteurs de protection, et à interroger les proches du patient avec son accord.

Évaluation du degré d’urgence suicidaire

La HAS relève trois niveaux de risque : risque suicidaire faible, risque suicidaire modéré, et risque suicidaire élevé (qui constitue une urgence).
Le risque est considéré comme faible lorsque le patient est dans une relation de confiance, n’éprouve pas de difficultés à communiquer, et se montre attentif à la recherche de solutions pour sortir de la crise. Rester vigilant et réévaluer le niveau d’urgence sont les bonnes pratiques à adopter selon la HAS.
Le risque est modéré chez un patient isolé, émotionnellement fragile, qui a besoin d’aide et dont les intentions sont claires. Dans ce cas, il est conseillé de prendre une décision au cas par cas.
Chez un patient coupé de ses émotions, très isolé, ayant directement accès à des moyens de passer à l’acte et ayant planifié son suicide, le risque est élevé. Dans cette situation, la HAS préconise une hospitalisation avec ou sans le consentement du patient.

Indications d’une hospitalisation

L’hospitalisation est recommandée d’emblée ou au cours de l’évolution dans certaines situations spécifiques et listées par la HAS. Parmi elles : risque immédiat d’automutilation, scénario suicidaire imminent, potentiel de violence, formes sévères de dépression... Autant que possible, la HAS invite à mobiliser tous les efforts pour obtenir le consentement du patient. En cas de refus, il est préconisé d’avoir recours à des dispositions légales.

Source

Épisode dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en soins de premier recours, Synthèse de la recommandation de bonne pratique (Haute Autorité de Santé, octobre 2017)

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Publié par p.horde.

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