Bronchite chronique - BPCO - Causes, symptômes et traitement

Février 2018

Depuis 2015, selon l'Organisation mondiale de la santé, les expressions « bronchite chronique » et « emphysème » ne doivent plus être utilisées car sont dorénavant englobées dans le diagnostic de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive).
La BPCO est une maladie respiratoire invalidante provoquée dans plus de 85% des cas par le tabac. La BPCO touche 3,5 millions de personnes en France et demeure le plus souvent invisible. Résultat : 2/3 des patients ne sont pas diagnostiqués.


BPCO

La broncho-pneumopathie chronique obstructive, aussi connue sous le nom de BPCO ou familièrement appelée bronchite chronique, est une maladie respiratoire chronique très fréquente. Elle est responsable de nombreux décès chaque année en France et d'une dégradation des conditions de vie des patients atteints. La broncho-pneumopathie chronique obstructive entraîne une inflammation chronique des bronches et des difficultés à respirer. Elle est évitable car causée dans près de neuf cas sur dix par la consommation de tabac, mais elle peut aussi concerner certaines personnes qui travaillent ou vivent dans un lieu très exposé aux fumées ou à certaines pollutions. La prise en charge de la broncho-pneumopathie chronique obstructive implique de nombreux traitements médicaux et paramédicaux. Ces derniers ne viendront pas à bout de la maladie, mais visent à améliorer le quotidien des patients.

Causes

La principale cause de la bronchite chronique est le tabac. Le tabac est responsable de plus de 85% des BPCO. Ce risque augmente avec le nombre d'années de tabagisme mais également avec la quantité de cigarettes fumées chaque jour.
Le cannabis, de plus en plus consommé, notamment chez les jeunes, représente également un facteur de risque important d'une BPCO.
L'arrêt du tabac demeure la première attitude thérapeutique pour se donner toutes les chances d'éviter la progression de la maladie vers une insuffisance respiratoire.

Facteurs de risques

Plus de 80% des BPCO sont dues au tabac. L'exposition à certains polluants présents dans son environnement professionnels représentent des facteurs de risque de la BPCO. La pollution domestique provoquée le monoxyde d'azote, le dioxyde d'azote émis par les cuisinières à gaz, les chauffe-eau, les poêles à gaz, les cheminées, les radiateurs et la fumée de tabac représente un facteur de risque non négligeable. Le dioxyde de souffre provenant de la combustion du charbon et du fioul représente un autre facteur de risque.
La pollution atmosphérique provoquée par le trafic routier et les industries représente un facteur de risque non négligeable de voir survenir une BPCO. L'apparition d'infections bronchiques dans l'enfance peuvent également favoriser l'apparition et la progression de la BPCO, notamment si elles surviennent précocement. Certaines études semblent mettre en évidence la possibilité de l'existence de gènes prédisposant à l'apparition d'une BPCO.
Les personnes les plus touchées sont les personnes de plus de 45 ans. 60% des hommes sont concernés. Le nombre des femmes atteintes augmente régulièrement en raison de l'augmentation du nombre de fumeuses et devrait rejoindre le nombre d'hommes touchés par cette maladie.
Les populations sociales défavorisées sont plus touchées par cette pathologie. Les raisons sont nombreuses : difficultés d'accès aux soins, tabagisme, conditions de travail exposant à des polluants professionnels, malnutrition....

Symptômes

Les premiers symptômes sont des signes banaux, comme un Essoufflement survenant au cours d'un effort ou une toux grasse accompagnée de crachats, appelée l'hypersécrétion muqueuse. On évoque une bronchite chronique lorsque ces manifestations évoluent la plupart des jours, au moins 3 mois dans l'année au cours des 2 dernières années, en dehors de toute maladie pulmonaire.
Consulter un médecin dès l'apparition des premières manifestations afin d'éviter l'apparition de complications. Essoufflement pour des efforts peu importants ne gênant pas les personnes ayant le même âge et la même condition physique. Toux fréquente, survenant plusieurs fois par jour, plusieurs mois par an. Nécessité de cracher souvent.
Les premières manifestations de la bronchite chronique sont rarement inquiétantes, n'incitant pas à consulter. Or, ces symptômes, modérés au début de la maladie, s'aggravent sournoisement au cours des années.
Près de 75% des patients ayant une BPCO ne sont pas diagnostiqués. 2/3 des malades ignorent leur pathologie et 50% des malades ne sont pas pris en charge correctement.

Diagnostic

Parce que la broncho-pneumopathie chronique obstructive est une maladie mal connue, son diagnostic est souvent tardif. C'est généralement la persistance d'une toux qui amène un patient fumeur à consulter. Pour diagnostiquer une éventuelle BPCO, le médecin généraliste procède à un interrogatoire médical en quantifiant notamment la quantité et la durée d'exposition au tabac, puis à un examen clinique. Il peut prescrire des examens complémentaires tels que :
  • l'exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) pour évaluer les volumes pulmonaires ;
  • un test fait dans les suites de cette EFR qui permet de voir l'amélioration de l'obstruction des bronches après utilisation d'un médicament bronchodilatateur : cette obstruction est très peu réversible dans cette pathologie ;
  • une prise de sang avec analyse des gaz du sang ;
  • une radiographie des poumons ;
  • parfois, une épreuve d'effort qui évalue les fonctions cardiaques au cours d'un effort est réalisée.



On évoque une bronchite chronique lorsque ces manifestations évoluent la plupart des jours, au moins 3 mois dans l'année au cours des 2 dernières années, en dehors de toute maladie pulmonaire. Il est indispensable d'effectuer le plus rapidement possible le diagnostic d'une BPCO ou d'une bronchite chronique chez une personne tabagique présentant une toux chronique accompagnée ou non de crachats.

Le sous-diagnostic de la BPCO est très important car cette pathologie débute le plus souvent par des manifestations banales, comme la toux et l'expectoration. Ces manifestations peuvent évoluer modérément au cours de plusieurs années avant que le malade se sente réellement gêné. D'après les différentes études épidémiologiques internationales, près de 75% des patients ayant une BPCO ne sont pas diagnostiqués et 2/3 des malades ignorent leur pathologie. La moitié des malades ne sont pas correctement pris en charge et, de ce fait, ne bénéficient pas d'un traitement adapté. La maladie risque donc de s'aggraver pendant des années et évoluer vers une insuffisance respiratoire. Plus le diagnostic s'effectuera précocement et plus il sera possible de mettre en oeuvre toutes les mesures indispensables à une bonne prise en charge. L'arrêt du tabac demeure néanmoins le première des mesures à adopter.

L'EFR, exploration fonctionnelle respiratoire permet de confirmer le diagnostic de la BPCO et d'évaluer le stade de la maladie. Cet examen s'effectue chez un pneumologue ou dans un service d'exploration fonctionnelle. Cet examen n'est pas douloureux : il suffit de souffler dans un embout relié à un ordinateur. Cet examen doit être réalisé au minimum une fois par an, y compris chez les patients ne ressentent aucune gêne. L'EFR est remboursé par la caisse d'assurance maladie.

La mesure des gaz du sang, effectuée à l'aide d'une prise de sang dans une artère située au niveau du poignet, permet d'évaluer le retentissement du fonctionnement des poumons en surveillant la bonne oxygénation artérielle. Une mesure des gaz du taux d'oxygène et du taux du gaz carbonique dans les artères est ainsi effectuée. Lors d'une crise sévère, le taux d'oxygène diminue et celui du gaz carbonique augmente en raison d'une diminution du diamètre des bronches empêchant l'oxygène d'atteindre les vaisseaux sanguins.

La radio thoracique est un examen systématiquement effectué. Attention: cet examen ne révèle parfois aucune anomalie, malgré la présence d'une BPCO. Seul l'examen du souffle, l'EFR, permettra le diagnostic.

Complications

Une BPCO peut évoluer vers une insuffisance respiratoire, rendant l'appareil respiratoire incapable d'assumer son rôle, provoquant: un essoufflement permanant, une grande fatigue, une gène respiratoire, des maux de tête, des épisodes de surinfections bronchiques fréquents nécessitant un apport en oxygène. Des épisodes d'hospitalisation peuvent également parfois survenir.

L'emphysème est une BPCO au cours de laquelle les alvéoles pulmonaires, petites chambres aériennes assurant les échanges gazeux, perdent de leur élasticité et se détruisent petit à petit. Les poumons ne réussissent plus à assurer leurs fonctions : l'apport en oxygène dans la circulation sanguine diminue petit à petit rendant la respiration de plus en plus difficile.

Traitement

Malheureusement, il est impossible de guérir de la broncho-pneumopathie chronique obstructive qui s'aggrave progressivement. Son évolution est marquée par des périodes appelées exacerbations, où les symptômes connaissent une majoration transitoire. Néanmoins, il existe de nombreux traitements médicamenteux qui améliorent le quotidien des patients, à savoir :
  • des médicaments permettant une dilatation des bronches, les broncho-dilatateurs ;
  • des corticoïdes, mais dont l'intérêt est discuté ;
  • à des stades avancés, le recours à une oxygénothérapie ou à une ventilation artificielle peut être un recours nécessaire.

Bien entendu, l'arrêt de l'intoxication tabagique est impératif.


Lorsque la bronchite chronique est diagnostiquée précocement, il devient alors possible de mettre en route rapidement un traitement adapté afin de ne pas aggraver les manifestations de la bronchite chronique. Le premier et le plus important des traitements est l'arrêt total du tabac. Les médicaments bronchodilatateurs permettent de dilater les bronches et d'améliorer la gêne respiratoire. Ils ont une action contre le rétrécissement des bronches et leurs permettent de se dilater. Le patient ressent généralement une amélioration au bout de quelques minutes l'aidant à mieux respirer. Leur durée d'action est de quatre à six heures. Ces médicaments s'administrent à l'aide de sprays.

Il existe deux types de bronchodilatateurs: les béta mimétiques et les bronchodilatateurs anticholinergiques

Les bronchodilatateurs Béta 2 mimétiques, les plus utilisés, agissent en dilatant les muscles lisses situés autour des bronches. Les bronchodilatateurs anticholinergiques sont également utilisés en raison de leur effet bronchodilatateur. Ils peuvent être utilisé seuls ou en association avec les Bêta2-mimétiques, dans les aérosols doseurs, les inhalateurs de poudre ou lors de nébulisations. L'utilisation d'aérosols doseurs permet au médicament inhalé d'atteindre directement les voies respiratoires.

Les corticoïdes sont des médicaments anti-inflammatoires qui s'administrent de la même façon que les broncho-dilatateurs, sous forme de spray. Les médicaments corticoïdes inhalés permettent de contrôler l'inflammation des bronches ainsi que l'évolution de la maladie, en diminuant le nombre et l'intensité des crises.

Le traitement systématique des infections respiratoires permet de réduire la gravité de l'évolution de la BPCO. Un traitement antibiotique peut être prescrit lors de l'apparition de complications infectieuses.

Traitement naturel

Selon l'expertise de l'Inserm, une étude auprès de 6790 personnes pendant 11 ans a révélé que les fumeurs actifs pratiquant une activité physique régulière égale ou supérieure à 2 heures par semaine ont un risque réduit de développer une BPCO. Une autre étude menée pendant 20 ans auprès de 2386 personnes présentant une BPCO a montré que pour une activité physique de 2 heures minimale par semaine, le risque d'hospitalisation et de mortalité d'origine respiratoire diminuait de 40% ; La dyspnée est diminuée grâce à l'amélioration de la fonction musculaire. Les risques d'hospitalisation et de mortalité d'origine respiratoire sont réduits.

Prévention

Que ce soit pour prévenir la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou pour la traiter, il est essentiel d'arrêter de fumer. Il faut également porter un masque en cas d'exposition à la pollution dans certains milieux exposés. Chez les patients déjà atteints de BPCO, la vaccination préventive annuelle contre la grippe et celle contre le pneumocoque tous les cinq ans permettent d'éviter certaines exacerbations.

La réhabilitation respiratoire permet une diminution de l'essoufflement, des épisodes de toux et des crachats. Elle représente un traitement fondamental de la BPCO et de la Bronchite chronique.

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Publié par p.horde.
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